
La transmission à
titre gratuit d'entreprises bénéficie sur le plan fiscal de
certaines dispositions spécifiques favorables, notamment quant à
l'imposition des plus-values, la déduction des droits d'enregistrement
du résultat imposable, la régularisation de la TVA et les droits
d'enregistrement.
1- Plus-values et profits sur stocks
Les plus-values sur éléments corporels et incorporels du fonds
de commerce font l'objet d'un report d'imposition.
Condition : la transmission doit porter sur l'ensemble des éléments
affectés à l'exercice de l'activité professionnelle (avec
une exception pour les immeubles) ; l'apport des stocks n'est pas obligatoire.
Elles sont définitivement exonérées lorsque le nouvel
exploitant poursuit son activité pendant 5 ans à compter de
la date de la transmission.
Le report d'imposition prend fin en cas de cession des biens transmis ou de
cessation d'entreprise ; des exceptions sont toutefois prévues en cas
de nouvelle transmission à titre gratuit ou d'apport en société.
Les profits afférents aux stocks ne sont pas imposés au nom
de l'ancien exploitant si le nouvel exploitant les inscrit à l'actif
de son bilan à la valeur comptable pour laquelle ils figuraient au
dernier bilan de l'ancienne entreprise ; ils seront imposés au nom
du nouvel exploitant lorsque celui-ci viendra à les céder.
2- Résultat
imposable des nouveaux exploitants
Les droits de mutation à titre gratuit sont déductibles des
résultats de l'exercice de paiement ; il en est de même pour
les intérêts versés au Trésor en cas de paiement
différé ou fractionné des droits (cf point 4).
Condition : le nouvel exploitant doit s'engager à poursuivre l'activité
de façon personnelle pendant 5 ans minimum.
3- TVA
Lorsqu'un bien (constituant un stock ou une immobilisation) utilisé
jusqu'alors pour les besoins de l'exploitation vient à être affecté
à des besoins autres que ceux de l'entreprise, ce changement d'affectation
entraîne en principe une imposition à la TVA selon les règles
de la " livraison à soi-même ".
Dans le cas d'une transmission à titre gratuit d'un fonds de commerce
:
* les marchandises sont dispensées d'imposition si le nouvel exploitant
les destine à la vente ;
* les immobilisations échappent à l'imposition à la condition
que l'héritier (donataire, légataire) s'engage à soumettre
à la TVA les cessions ultérieures des biens reçus.
Condition : l'engagement doit être pris dans l'acte de donation.
4- Droits
d'enregistrement
a) Les transmissions de biens affectés à l'exploitation d'entreprises
individuelles (en totalité ou pour une quote-part indivise) sont exonérées
de droits de succession à concurrence de la moitié de leur valeur.
Conditions :
* l'entreprise doit être détenue depuis plus de 2 ans, si le
défunt, le donataire ou le légataire, l'avait acquise à
titre onéreux ;
* les héritiers, donataires ou légataires, doivent s'engager
à conserver les biens affectés à l'exploitation pendant
6 ans ;
* l'un des héritiers, donataires ou légataires, doit poursuivre
l'exploitation pendant 5 ans (il peut le faire éventuellement sous
forme de société.). Remarque concernant les donations :
* Ne sont concernées que les donations en pleine propriété
* L'abattement de 50% peut se cumuler avec les réductions de droits
de donation prévues par l'article 790 du code général
des impôts (50% jusqu'au 30 juin 2005, 50% ou 30% selon l'âge
du donateur au-delà de cette date).
Sachez qu'en cas de
rupture par un héritier de son engagement de conserver les biens pendant
6 ans, celui-ci est tenu d'acquitter :
* le complément des droits de succession,
* l'intérêt de retard.
b) Le paiement des droits de mutation à titre gratuit sur les transmissions
d'entreprises peut être différé pendant 5 ans (versement
annuel des seuls intérêts du crédit) ; à l'expiration
de ce délai, le paiement est fractionné sur 10 ans, à
raison d'1/20 tous les 6 mois, assorti d'un intérêt.
Le taux de cet intérêt est celui de l'intérêt légal
au jour de la demande de crédit, arrondi à la 1ère décimale
(2,20% en 2004) ; il est réduit des 2/3 lorsque la valeur de l'entreprise,
comprise dans la part taxable de chaque héritier, est supérieure
à 10% de la valeur de l'entreprise.
Textes de référence
- articles 39 1-4°, 41, 93 1-7°, 257 8°-1, 787 C, 789 B, 790 et
1840 G nonies du code général des impôts
- articles 397 A
et 404 GA à GD annexe III du code général des impôts
- bulletin officiel des impôts 3-A-6-90
Mots-clé : EIRL, EURL, SARL, SAS, SCI.
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