
Ce
dispositif est obligatoire pour les entreprises et les Unités Économiques
et Sociales (UES) employant au moins 50 salariés. Il vise à
redistribuer aux salariés une partie des bénéfices. La
condition d’effectif est remplie dès que l’entreprise a
employé 50 salariés pendant une période de 6 mois, consécutifs
ou non, au cours de l’exercice.
Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent mettre en place volontairement
la participation, dans ce cas elles bénéficient d'avantages
fiscaux particuliers.
La participation est applicable aux salariés relevant du code du travail,
ce qui exclut les fonctionnaires et agents publics. Les entreprises publiques
et sociétés nationales peuvent appliquer la participation à
condition d'y avoir été autorisées par décret
en Conseil d'Etat.
En sont bénéficiaires, tous les salariés de l’entreprise
bénéficient de la participation. L’accord peut prévoir
une condition d’ancienneté dans l'entreprise qui ne peut excéder
trois mois. Pour la détermination de la condition d'ancienneté,
toutes les périodes d'emploi durant l'exercice et les douze mois qui
le précèdent sont prises en compte.
Les
caractéristiques...
La participation a deux caractéristiques principales : l’aléa
économique et le caractère collectif.
Caractère aléatoire
La participation résulte d’une formule de calcul qui présente
un caractère aléatoire, le montant ne peut être déterminé
a priori.
Caractère collectif
La participation s’applique à tous les salariés. Il ne
peut y avoir de participation variable selon des catégories de salariés
ou selon des performances individuelles.
La formule de calcul de la participation.
La participation repose sur l’application de la formule légale
:
RSP = 1/2 [ B – 5 % C ] X [ S / VA ]
RSP = réserve spéciale de participation, B = bénéfice
net, C = capitaux propres, S = salaires et VA = valeur ajoutée.
Les entreprises peuvent utiliser une autre formule de calcul dont l’application
entraîne un résultat au moins égal à celui de la
formule légale.
Les critères de répartition.
La répartition est en principe proportionnelle au salaire mais elle
peut être uniforme, proportionnelle à la présence ou combiner
ces différents critères.
Répartition proportionnelle au salaire
Le salaire à retenir est le salaire brut plafonné à 4
fois le plafond annuel de sécurité sociale.
Répartition uniforme
Le montant global est divisé par le nombre de salariés bénéficiaires.
Répartition proportionnelle à la présence
L’accord prend en compte la durée de travail effectif des salariés.
Les congés de maternité et d’adoption, les absences pour
maladies professionnelles ou pour accidents du travail sont considérés
comme du travail effectif. La prise en compte des absences est strictement
proportionnelle.
Il est possible de combiner ces différents critères à
condition d’utiliser des “ sous-masses ” (60 % présence
et 40 % salaire par exemple).
La répartition intervient au plus tard le 1er jour du quatrième
mois qui suit la clôture de l’exercice.
En cas de retard, des intérêts calculés sur la base de
1,33 fois le taux moyen des obligations des sociétés privées
sont dus.
La répartition s’accompagne d’une fiche sur laquelle apparaît
le montant net de la participation du salarié, les montants de C.S.G.
et C.R.D.S. acquittés, le montant total de la réserve spéciale
pour l’exercice concerné et la date à laquelle les sommes
seront disponibles. Une annexe rappelle les règles de calcul et de
répartition prévues par l’accord et présente les
cas de déblocages.
L’accord peut prévoir que les sommes inférieures à
80 € sont directement versées aux salariés.
Les
plafonds
En plus du plafond de répartition s’applique un plafond individuel. La prime
de participation ne peut être supérieure aux 3/4 du plafond annuel de sécurité
sociale. Au-delà de ce montant, les sommes peuvent être immédiatement réparties
auprès des bénéficiaires qui n’ont pas atteint le plafond. Elles peuvent également
demeurer dans la réserve spéciale de participation pour être réparties au
cours d’exercices ultérieurs.
Les modalités de versement
La participation est bloquée pendant 5 ans. Le salarié peut
débloquer les sommes en cas de mariage ou conclusion d’un PACS,
de naissance ou d’adoption d’un 3ème enfant, de divorce,
séparation ou dissolution d’un PACS, d’invalidité,
de décès, de cessation du contrat de travail, de création
ou de reprise d’entreprise, d’acquisition ou d’agrandissement
de la résidence principale et de surendettement.
Le déblocage est facultatif et la demande est formulée dans
les six mois sauf en cas de cessation du contrat de travail, de décès,
d’invalidité ou de surendettement. Les conditions précises
de déblocage anticipé sont énumérées à
l'article R 442-17 du code du travail.
Les
modes de gestion.
L'accord détermine l'affectation des sommes issues de la participation.
Plusieurs affectations sont possibles :
- acquisition d’actions de l’entreprise ;
- compte courant bloqué dans l’entreprise ;
- acquisition de titres de SICAV ;
- acquisition de parts de Fonds Communs de Placement d’Entreprise
;
- PEE, PEI ou PPESV,
- souscription d’actions des sociétés créées
par les salariés en vue de la reprise de leur entreprise.
Les comptes courants bloqués sont rémunérés à
un taux déterminé par l'accord qui ne peut être inférieur
au taux moyen des obligations des sociétés privées.
Les
avantages sociaux et fiscaux.
Régime Social
La participation est exonérée de cotisations sociales patronales
et salariales mais soumise après abattement de 5 % à la C.S.G.
et à la C.R.D.S.
L’exonération est subordonnée au respect :
- du dépôt ;
- du caractère aléatoire ;
- du caractère collectif ;
- du respect des plafonds.
Régime fiscal
Pour l’entreprise
Les sommes versées sont déductibles des bénéfices
pour l’assiette de l’impôt et sont exonérées
de taxe sur les salaires, de taxe d’apprentissage et des participations
à la formation professionnelle continue et à l’effort
de construction.
Lorsque l’accord prévoit une formule dérogatoire, les
entreprises peuvent constituer une provision pour investissement de 50 % sur
le montant attribué en plus du minimum légal. Les entreprises
qui appliquent volontairement la participation bénéficient d’une
provision équivalente portant sur l’ensemble des sommes versées
pour les accords existant à la date de publication de la loi du 19
février 2001 sur l'épargne salariale ou conclus au plus tard
deux ans après cette publication.
Pour les salariés
Les sommes revenant aux salariés au titre de la participation et les
revenus et plus-values réinvesties sont exonérés d’impôt
sur le revenu. L'exonération est liée au respect de la période
de blocage de 5 ans (sauf cas de déblocage anticipé énumérés
par l'article R 442-17 du code du travail). L'exonération est maintenue
tant que les salariés ne demandent pas la délivrance des droits
constitués à leur profit. Les revenus et plus-values sont soumises
à la CSG, la CRDS et au prélèvement social de 2 %.
19
questions/réponses
aux salariés et aux chefs d'entreprise
1 - Quels sont les avantages de l'épargne
salariale ?
2 - Qui peut bénéficier de
l'épargne salariale ?
3 - Qu'est-ce que l'intéressement
?
4 - Qu'est-ce que la participation ?
5 - Qu'est-ce qu'un plan d'épargne
?
6 - Comment mettre en place l'épargne
salariale ?
7 - À quel rythme s'effectuent les
versements ?
8 - Quand l'épargne est-elle disponible
?
9 - Dans quels prosduits investir ?
10 - Qu'est-ce qu'un fonds commun de placement d’entreprise
(FCPE) ?
11 - Qu'est-ce qu'un plan d'épargne d'entreprise
(PEE) ?
12 - Qu'est-ce qu'un plan partenarial d’épargne
salariale volontaire (PPESV) ?
13 - Qu'est-ce qu'un plan d’épargne interentreprises
(PEI) ?
14 - Quels sont les prélèvements sociaux
et fiscaux supportés par le salarié ?
15 - Quels sont les prélèvements sociaux
et fiscaux supportés par l’entreprise ?
16 - Qu'est-ce que la provision pour investissement
(PPI) ?
17 - Que devient l’épargne lorsque le
salarié quitte l’entreprise ?
18 - Quelles sont les possibilités de modification
du choix de placement ou de transfert d'un plan d'épargne à
un autre ?
19 - Comment le bénéficiaire est-il
tenu informé de l’état de ses avoirs ?
1• Quels sont les avantages de
l'épargne salariale ?
L'épargne salariale comporte des avantages pour les salariés
et pour les chefs d'entreprise. Les salariés peuvent se constituer
une épargne d’une sécurité et d’un rendement
supérieurs à celle qu'ils pourraient se constituer à
titre individuel, du fait de la contribution de leur entreprise et des avantages
fiscaux et sociaux.
À l'issue de la période de blocage, les salariés disposent
de leur épargne comme ils le souhaitent. Les chefs d'entreprise disposent
de modes de rémunération modernes et variés qui permettent
d'associer les salariés aux résultats, de les motiver et donc
d'améliorer les performances de leur entreprise.
2• Qui peut bénéficier de l'épargne
salariale ?
Tous les salariés employés par les entreprises du secteur privé
(y compris les entreprises individuelles, artisanales, les associations et
le secteur coopératif) peuvent bénéficier de l'épargne
salariale.
Les salariés des entreprises publiques peuvent également bénéficier,
selon les cas, de tous ou seulement de certains de ces dispositifs.
Pour qu'un salarié puisse bénéficier de l'épargne
salariale, il est nécessaire qu'un dispositif soit mis en place :
- soit au niveau de l'entreprise ;
- soit au niveau d'un groupe d'entreprises ;
- soit par plusieurs entreprises regroupées au niveau local et/ou au
niveau professionnel.
Nouveau. Désormais, les chefs d'entreprise et les mandataires sociaux
(président, directeurs généraux, gérants, etc.)
peuvent également bénéficier des plans d'épargne.
L'ancienneté requise au sein de l'entreprise pour bénéficier
de l'épargne salariale a été réduite de 6 à
3 mois.
3• Qu'est-ce que l'intéressement
?
L'intéressement permet d'associer financièrement les salariés
aux performances de l'entreprise. L'intéressement peut être mis
en place au niveau de l'entreprise ou d'un groupe d'entreprises par un accord
collectif conclu entre l'employeur et les organisations syndicales représentatives,
ou bien au sein du comité d'entreprise, ou encore ratifié à
la majorité des deux tiers du personnel de chaque entreprise concernée.
Son montant global est déterminé par la formule de calcul définie
dans l'accord en fonction des performances de l'entreprise mesurées,
par exemple, au travers des résultats financiers et commerciaux, de
la productivité ou encore de la qualité.
La formule de calcul étant variable et aléatoire, l'attribution
de l'intéressement ne peut être garantie.
Ce montant fait ensuite l'objet d'une répartition entre les salariés
selon les modalités prévues par l'accord, en fonction des salaires,
du temps de présence ou encore de façon uniforme.
L'intéressement que perçoit le salarié est exonéré
des charges sociales patronales et salariales mais reste soumis au prélèvement
de la CSG et de la CRDS pour un taux global de 8 %. Si le salarié le
place dans un plan d'épargne (PEE, PEI ou PPESV), celui-ci est également
exonéré d'impôt sur le revenu.
Nouveau.
La conclusion des accords d'intéressement est encouragée :
- une procédure administrative allégée : 4 mois après
son dépôt à la direction départementale du travail,
de l’emploi et de la formation professionnelle et à défaut
d'observation de l'administration, l'accord d’intéressement est
réputé conforme à la législation en vigueur ;
- des avantages fiscaux supplémentaires sont accordés aux entreprises
sous la forme de provision pour investissement (PPI) en franchise d'impôt
(voir questions 15 et 16).
4• Qu'est-ce que la participation
?
La participation est un dispositif obligatoire dans les entreprises employant
au moins 50 salariés. Elle permet à ces derniers, lorsque les
résultats sont satisfaisants, de percevoir une partie du bénéfice
de l'entreprise. Elle doit faire l'objet d'un accord conclu entre l'employeur
et les organisations syndicales représentatives, ou bien au sein du
comité d'entreprise, ou encore ratifié à la majorité
des deux tiers du personnel concerné.
Sa répartition entre les salariés s'effectue selon les modalités
prévues par l'accord, en fonction des salaires, du temps de présence
ou encore de façon uniforme.
La participation n'est pas perçue immédiatement, mais reste
bloquée 5 ans. En contrepartie, elle est exonérée des
charges sociales patronales et salariales mais reste soumise au prélèvement
de la CSG et de la CRDS pour un taux global de 8 %. Elle est de plus exonérée
d'impôt sur le revenu.
L'accord de participation détermine les modes de placement. La participation
peut être investie dans l'entreprise sous la forme d'un compte courant
bloqué, placée en actions de SICAV, en parts de fonds commun
de placement, en titres de l'entreprise ou encore transférée
sur un plan d'épargne. Les plus-values et revenus sont exonérés
d'impôts à l'exception de la CSG, de la CRDS et du prélèvement
social de 2 % sur les revenus du capital, soit un prélèvement
total de 10 %.
La loi du 19 février 2001 encourage l’extension du bénéfice
de la participation aux entreprises de moins de 50 salariés, en augmentant
leurs avantages fiscaux sous la forme de provision pour investissement en
franchise d'impôt (voir questions 15 et 16).
5• Qu'est-ce qu'un plan d'épargne
?
Un plan d’épargne est un dispositif permettant à ses adhérents
de se constituer, avec l’aide de l’entreprise, une épargne
investie en valeurs mobilières.
Il existe plusieurs catégories de plans d’épargne :
1. le plan d’épargne d’entreprise (PEE), constitué
au niveau de l’entreprise, dont l’épargne est investie
pendant au moins 5 ans ;
2. Nouveau • le plan partenarial d’épargne salariale volontaire
(PPESV), constitué au niveau de l’entreprise, dont l’épargne
est investie pendant au moins 10 ans;
3. Le PEE de groupe, ou “PEG”, est un PEE ou un PPESV constitué
au niveau d’un groupe d’entreprises qui ont des liens de capital
ou seulement des liens économiques ou financiers.
4. Nouveau • le plan d’épargne interentreprises (PEI),
constitué par voie d’accord, qui en détermine son champ
d'application professionnel et/ou géographique, entre des entreprises
signataires prises individuellement mais qui n’ont pas nécessairement
entre elles de liens économiques ou financiers.
Les sommes versées dans le PEI sont bloquées 5 ans s’il
prend la forme d’un PEE ou 10 ans s’il prend la forme d’un
PPESV.
6• Comment mettre
en place l'épargne salariale ?
L'organisation de l'épargne salariale se fait en général
par voie d'accords conclu entre un employeur et des syndicats représentatifs,
ou bien au sein du comité d'entreprise ou encore approuvés par
les deux tiers du personnel concerné.
Cependant certains dispositifs prévoient des conditions particulières
: ainsi le plan d'épargne d'entreprise peut être mis en place
à la seule initiative de l'employeur.
Nouveau. La mise en place de l'épargne salariale n'est pas réservée
aux seules grandes entreprises, les PME peuvent désormais facilement
y accéder.
7• À quel rythme
s'effectuent les versements ?
Le rythme de versement est déterminé par le règlement
du plan d’épargne.
Les versements volontaires du salarié sur les plans d'épargne
sont souvent prélevés de façon périodique par
l’entreprise. Ils ne peuvent excéder le quart de la rémunération
annuelle du salarié, y compris l'intéressement mais sans prendre
en compte la participation.
8• Quand l'épargne
est-elle disponible ?
Les sommes investies dans le PEE ainsi que la participation (même lorsqu’elle
n’est pas versée dans un PEE) sont bloquées pendant 5
ans à compter de leur versement dans le plan ou de leur attribution,
s’agissant de la participation.
Les sommes investies dans le PPESV sont bloquées pendant 10 ans, soit
à compter du premier versement dans le plan (terme fixe), soit à
compter de chaque versement (terme glissant).
Dans certains cas, le salarié peut demander le déblocage anticipé
de son épargne : il doit effectuer cette demande dans un délai
de 6 mois à compter de la survenance du fait générateur
auprès de l’entreprise ou de l’organisme, désigné
dans l’accord ou dans le règlement du plan pour tenir les comptes
individuels des salariés.
Dans les cas de cessation du contrat de travail, de décès, d’invalidité
ou de surendettement, la demande peut intervenir à tout moment.
Le déblocage de tout ou partie de l’épargne, selon le
choix du salarié, fait l’objet d’un versement unique. Les
exonérations fiscales et de cotisations sociales restent acquises en
cas de déblocage.
Pour la participation et le PEE, les cas de déblocage anticipé
sont les suivants :
a - mariage ou conclusion d'un PACS par le salarié ;
b - naissance ou arrivée au foyer d’un enfant en vue de son adoption
lorsqu’elle porte à trois et plus le nombre d’enfants à
la charge du foyer ;
c- jugement organisant la résidence habituelle ’au moins un enfant
au domicile du salarié en cas de séparation d’un couple,
marié ou non ;
d - invalidité du salarié, de ses enfants, de son conjoint ou
de la personne qui lui est liée par un PACS ;
e - décès du salarié, de son conjoint ou de la personne
liée au bénéficiaire par un PACS ;
f - cessation du contrat de travail ;
g- création ou reprise, par le salarié, ses enfants, son conjoint
ou la personne liée au bénéficiaire par un PACS, d'une
entreprise industrielle, commerciale, artisanale ou agricole ; acquisition
de parts sociales d’une société coopérative de
production (SCOP) ;
h - acquisition ou agrandissement de la résidence principale ou remise
en état de la résidence principale endommagée à
la suite d’une catastrophe naturelle ;
i - situation de surendettement du salarié.
Pour le PPESV, les cas de déblocage anticipé sont les mêmes
que ceux du PEE, à l’exception des cas a, b et c mentionnés
ci dessus (mariage, naissance, séparation avec garde d’un enfant)
; pour la cessation du contrat de travail, seuls le départ à
la retraite, le licenciement ou l’expiration des droits à l’assurance
chômage du titulaire sont pris en compte.
Le jugement arrêtant le plan de cession totale de l’entreprise
ou le jugement ouvrant ou prononçant la liquidation judiciaire de l’entreprise
rendent les sommes épargnées immédiatement exigibles.
9• Dans quels produits
investir ?
L’épargne salariale peut être placée en titres de
l’entreprise et servir de base au développement de l’actionnariat
salarié, ou investie dans un produit diversifié. La participation
peut également être investie au sein de l’entreprise dans
un compte courant bloqué : ce compte finance des investissements réalisés
par l’entreprise et est rémunéré sur la base du
taux moyen des obligations du secteur privé, publié par le ministère
de l’Économie, des Finances et de l’Industrie tous les
6 mois (5,05 % au 1er janvier 2002, par exemple).
L’investissement en titres émis par l’entreprise ou une
entreprise appartenant au même groupe peut porter sur des obligations
ou des actions.
Les titres de l’entreprise : les titres peuvent être attribués
dans le cadre de la participation, acquis ou souscrits directement dans un
plan d’épargne ou par l’intermédiaire d’un
fonds commun de placement d’entreprise (FCPE) ou d’une SICAV d’actionnariat
salarié.
Dans les sociétés cotées, les augmentations de capital
réservées aux salariés peuvent se faire avec une décote
maximale, par rapport au cours, de 20 % (PPE) ou 30 % (PPESV). Cette décote
est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations
sociales ; elle peut se combiner avec l’attribution d’actions
gratuites.
Les actions sont assorties de droits de vote permettant aux salariés
de prendre part aux décisions prises en assemblée générale
des actionnaires.
L’actionnariat salarié permet de bénéficier de
la progression de la valeur de l’entreprise, qui se reflète dans
le cours de ses actions, mais, en cas de baisse de ce cours, l’absence
de diversification rend ce placement plus risqué.
La loi du 19 février 2001 incite au développement de l'actionnariat
salarié : à l’occasion de toute décision d’augmentation
de capital ainsi que tous les 3 ans, tant que l’actionnariat salarié
ne représente pas 3 % du capital, les actionnaires doivent se prononcer
sur une résolution tendant à réaliser une augmentation
de capital au sein du PEE ou du PPESV.
L’épargne diversifiée est investie dans des SICAV ou des
FCPE, soumis à l’agrément et à la surveillance
de la Commission des opérations de bourse (COB). Ces produits sont
gérés conformément à des règles de prudence
et soumis au contrôle de commissaires aux comptes. L’information
(notice d’information, information périodique) donnée
aux salariés est définie et contrôlée par la COB.
Les SICAV et les FCPE, dans lesquels les salariés peuvent investir,
font l’objet d’une sélection effectuée collectivement,
par l’accord de participation et/ou le règlement du plan d’épargne.
En revanche, le choix d’investissement reste individuel.
Les adhérents au PEE doivent, dans tous les cas, pouvoir investir dans
un placement diversifié et liquide : soit directement au sein du PEE
lui-même, soit dans le cadre d’un plan d’épargne
groupe (PEG) ou d’un plan d’épargne interentreprise (PEI)
auquel les adhérent sont accès.
Le placement de l’épargne s’effectue selon le degré
de risque et l’horizon de placement souhaités par chacun : ainsi,
il n’est souhaitable d’investir son épargne en produits
monétaires que si la durée de placement est courte ; en revanche,
le placement en actions devrait être privilégié si la
durée anticipée de placement est suffisamment longue.
Nouveau. La possibilité d’investir en FCPE solidaire est ouverte
à tous les PEE. Elle est obligatoire pour le PPESV. Le FCPE solidaire
est un FCPE dont l’actif comprend entre 5 et 10 % de titres d’entreprises
solidaires, sociétés non cotées répondant à
des critères définis à l’article L443-3-1 du code
du travail.
10• Qu'est-ce qu'un fonds commun
de placement d’entreprise (FCPE) ?
Un FCPE est un produit d’épargne qui permet à plusieurs
investisseurs de détenir en commun un portefeuille de valeurs mobilières
(actions, obligations, etc.), il est géré par une société
de gestion agréée par la COB conformément à une
orientation de gestion arrêtée de façon contractuelle
et selon des règles de prudence définies par la réglementation.
Le FCPE est obligatoirement doté d’un conseil de surveillance
associant des représentants de l’entreprise et des salariés
porteurs de parts.
La gestion du FCPE peut être diversifiée : le fonds est investi
en titres cotés selon des règles de division des risques (chaque
émetteur représente au plus 5 % de l’actif du fonds) ;
il peut également être investi en SICAV ou en FCP eux-mêmes
investis en titres cotés ; son actif peut aussi comprendre à
hauteur de 30 % des parts de fonds commun de placement à risque (FCPR)
eux-mêmes investis en titres non cotés.
Le FCPE peut également être largement investi en titres de l’entreprise.
En ce cas, la règle de division des risques par émetteur ne
s’appliquant pas aux titres de l’entreprise, le caractère
diversifié du fonds peut être fortement réduit.
Le conseil de surveillance, présidé par un représentant
des salariés porteurs de parts, joue un rôle central dans des
domaines essentiels :
• toutes les modifications importantes concernant le règlement
du fonds (son orientation de gestion, l’identité du gestionnaire,
etc.) sont soumises à son accord préalable ;
• le conseil s’assure de la qualité de la gestion financière
et de l’information donnée aux salariés ;
• il adopte un rapport annuel mis à la disposition de chaque
porteur de parts;
• il exerce les droits de vote et décide de l’apport des
titres aux offres publiques d’achat ou d’échange (sauf
dans certains cas, prévus par les textes, où l’exercice
des droits de vote appartient aux porteurs de parts ou peut être délégué
à la société de gestion).
Nouveau. Depuis la loi du 19 février 2001,les FCPE sont répartis
en deux catégories bien distinctes selon la part de titres de l’entreprise
détenus.
Quand le FCPE est investi pour plus du tiers de son actif en titres de l’entreprise,
le conseil de surveillance dispose des informations économiques et
financières sur l’entreprise qui sont communiquées au
comité d’entreprise. Dans les entreprises qui n’ont pas
mis en place de comité d’entreprise, le conseil peut se faire
assister d'un expert-comptable ou convoquer les commissaires aux comptes de
l'entreprise pour recevoir leurs explications, il peut également inviter
le chef d'entreprise à expliquer les événements ayant
eu une influence significative sur la valorisation des titres.
11• Qu'est-ce qu'un plan d'épargne
d'entreprise (PEE) ?
. Le plan d'épargne d'entreprise ouvre aux salariés de l'entreprise
la faculté de participer, avec l'aide de celle-ci, à la constitution
d'un portefeuille de valeurs mobilières.
Le règlement du PEE fixe :
• les versements qui peuvent y être effectués : intéressement,
participation, versements volontaires, abondement de l’entreprise (limité
à trois fois le versement du salarié et à 2 300 euros
ou 3 450 euros en cas d'investissement en titres de l'entreprise) ;
• les modalités de l’aide de l’entreprise : indépendamment
de l’abondement, l’aide peut revêtir plusieurs formes :
prise en charge des frais de tenue des comptes individuels des salariés
et des frais de fonctionnement des conseils de surveillance notamment ;
• la liste des placements possibles : titres de l’entreprise,
SICAV et/ou FCPE ;
• éventuellement la composition et les modalités de désignation
des conseils de surveillance des FCPE.
Les sommes investies dans le PEE sont bloquées pendant 5 ans au minimum
à compter de leur versement dans le plan.
Le PEE peut être mis en place à l’initiative de l’entreprise
ou par voie d’accord (voir question 6).
12• Qu'est-ce qu'un plan
partenarial d’épargne salariale volontaire (PPESV) ?
• Le plan partenarial d’épargne salariale volontaire est
un plan d’épargne mis en place par voie d’accord, au sein
duquel les sommes sont investies pendant une durée minimum de 10 ans.
Il peut revêtir deux formes :
• soit les sommes sont bloquées pendant 10 ans à compter
du premier versement (ce fonctionnement est similaire à celui du plan
d’épargne en actions) : le terme est fixe ;
• soit les sommes sont bloquées pendant 10 ans à compter
de chaque versement : le PPESV fonctionne alors comme le PEE et le terme est
glissant (potentiellement indéfini).
Les règles applicables au PPESV sont très largement celles du
PEE : sommes pouvant y être versées, modalités de l’aide
de l’entreprise, placements possibles notamment.
Il comporte cependant certaines spécificités :
• afin d’assurer une durée de placement plus longue, les
cas de déblocage anticipé sont moins nombreux que ceux du PEE
(voir question 8) ;
• des avantages fiscaux particuliers ;
• les augmentations de capital réservées aux adhérents
au PPESV peuvent bénéficier d’une décote plus importante
(30 %) ;
• la possibilité d’investir en FCPE solidaires,
• le plafond de l'abondement est plus élevé(4 600 euros)
;
• sous certaines conditions la participation placée dans les
PPESV peut être abondée.
Le PPESV ne peut être mis en place que si les salariés ont la
possibilité d'opter pour un plan d’une durée plus courte,
au sein de l’entreprise, du groupe d’entreprises, ou dans le cadre
d’un PEI.
13• Qu'est-ce qu'un plan
d’épargne interentreprises (PEI) ?
Pour favoriser le développement de l'épargne salariale dans
les petites et moyennes entreprises, il est désormais possible de mettre
en place des PEE ou des PPESV dans des entreprises qui se regroupent au niveau
professionnel et/ou géographique.
Les PEI doivent être mis en place par accords collectifs conclus d'une
part par des syndicats représentatifs et d'autre part par des groupements
d'employeurs ou des employeurs pris individuellement. Dans ce dernier cas,
l'accord peut également être conclu au sein du comité
d'entreprise ou par accord des deux tiers des salariés de chaque entreprise.
L'accord instituant le PEI prévoit son champ d'application professionnel
et territorial, les différents types de placement (obligatoirement
diversifiés) qui sont proposés aux salariés ainsi que
les conditions dans lesquelles les employeurs qui le souhaitent peuvent compléter
les versements des salariés.
Tous les salariés des entreprises qui entrent dans le champ d’un
accord de PEI peuvent épargner dans le cadre de ce PEI et donc accéder
aux différentes formules de placement offertes. Les entreprises sont
tenues de prendre en charge les frais de tenue de compte de leurs salariés.
Pour faciliter la mise en place de la participation financière dans
les entreprises de moins de 50 salariés qui n'y sont pas assujetties
obligatoirement, les PEI peuvent y faire office d'accord de participation.
Dans ce cas, l'employeur qui souhaite faire bénéficier ses salariés
de la participation financière applique les dispositions prévues
par le PEI, en ce qui concerne la formule de calcul et le mode de répartition
entre les salariés. Les sommes sont versées dans les différents
types de fonds prévus par ce même PEI.
14• Quels sont les prélèvements
sociaux et fiscaux supportés par le salarié ?
La participation et l’intéressement, s’il est versé
dans un plan d’épargne, sont exonérés d’impôt
sur le revenu. En revanche, les versements volontaires des salariés
ne donnent droit à aucune exonération au titre de l’impôt
sur le revenu.
Les versements complémentaires éventuels de l’entreprise
(abondement) sont exonérés d’impôt sur le revenu.
L’intéressement, la participation et l’abondement ne sont
pas soumis aux charges sociales salariales mais restent soumis, après
abattement de 5 %, à la CSG et à la CRDS pour un taux global
de 8 %.
Les revenus et plus-values générés par les plans d’épargne
sont exonérés d’impôt ; ils sont toutefois soumis
à la CSG, à la CRDS et à un prélèvement
social de 2 %, soit un prélèvement total de 10 %.
15• Quels sont les prélèvements
sociaux et fiscaux supportés par l’entreprise ?
L’intéressement versé aux salariés, les sommes
portées à la réserve spéciale de participation
et l’abondement sont déductibles de l'assiette de l’impôt
sur les sociétés (ou de l'impôt sur le revenu selon les
cas) ; ils ne sont pas non plus assujettis à la taxe sur les salaires.
L’intéressement, la participation et l’abondement sont
exemptés de charges sociales.
Toutefois, la fraction de l'abondement de l'employeur au PPESV qui excède,
annuellement pour chaque salarié, la somme de 2 300 euros, majorée
de 50 % au plus lorsqu’elle est investie en actions de l’entreprise,
fait l’objet d’une contribution de 8,2 % à la charge de
l’employeur. Cette contribution est versée au Fonds de réserve
pour les retraites.
Pour ouvrir droit à ces exonérations fiscales et de cotisations
sociales, les accords d’intéressement, de participation et les
règlements des plans d'épargne doivent être déposés
à la direction départementale du travail, de l’emploi
et de la formation professionnelle.
16• Qu'est-ce que la
provision pour investissement (PPI) ?
La provision pour investissement est une provision constituée en franchise
d’impôt qui, sur le plan comptable, s’analyse comme une
réserve. La PPI doit être utilisée, dans un délai
de 2 ans, à l’acquisition ou à la réalisation d’immobilisations
ou à des dépenses de formation des administrateurs et membres
des conseils de surveillance de l’entreprise et des FCPE, désignés
parmi les salariés ou les actionnaires salariés.
Nouveau : désormais, une PPI peut être constituée dans
4 situations :
. PPI liée à la participation :
• les entreprises qui appliquent une formule dérogatoire du calcul
du montant de la participation peuvent constituer une PPI égale à
50 % de la fraction des sommes qui excède la participation de droit
commun ;
• les entreprises appliquant volontairement la participation peuvent
constituer une PPI égale à 50 % des sommes portées à
la réserve spéciale de participation pour les accords en vigueur
ou conclus au plus tard le 20 février 2003.
. PPI liée à l’intéressement :
• les entreprises employant moins de 100 salariés et ayant conclu
un accord au plus tard le 20 février 2003 peuvent constituer une PPI
égale à 50 % du montant de l’abondement à l’intéressement
versé dans un PEE par les salariés.
. PPI liée à l’abondement des sommes versées dans
le PPESV :
• les entreprises peuvent constituer une PPI égale à 25
% du montant des abondements effectués dans le cadre du PPESV ; ce
taux est porté à 50 % pour les versements complémentaires
investis en titres donnant accès au capital de l'entreprise.
. PPI liée à l’abondement des sommes versées dans
un FCPE solidaire au sein d’un PPESV :
• les entreprises qui versent, au titre du PPESV, des sommes complémentaires
au montant versé par leurs salariés pour l'acquisition de parts
de FCPE solidaires, peuvent constituer une PPI égale à 35 %
des versements complémentaires. Les titres d'entreprises solidaires
ou d'organismes acquis doivent être conservés pendant 2 ans au
moins par le fonds.
17• Que devient l’épargne
lorsque le salarié quitte l’entreprise ?
La loi du 19 février 2001 sur l'épargne salariale clarifie et
organise l’information donnée au salarié lorsqu’il
quitte l’entreprise. Elle donne la possibilité de transférer
l’épargne salariale vers les dispositifs existants chez le nouvel
employeur.
. Quand le salarié quitte son entreprise, il reçoit un état
récapitulatif de l’ensemble de ses avoirs ; il peut insérer
cet état dans le livret d’épargne salariale remis par
son employeur.
Il a la possibilité de :
• conserver l’épargne au sein du plan d’épargne
de son ancienne entreprise et/ou au sein des modalités de placement
de la participation (comptes courants bloqués dans l’entreprise,
FCP ou SICAV) ;
• demander la liquidation totale ou partielle de ses avoirs (voir question
8) ;
• obtenir le transfert de ses avoirs sur le plan d’épargne
auquel il a accès au titre de son nouvel emploi.
Le transfert des sommes issues de la participation ou épargnées
au sein d’un ou plusieurs plans d’épargne s’effectue
sans condition de délai. Il n’est pas soumis à la CSG
ni à la CRDS. Il ne peut faire l’objet d’un abondement
du nouvel employeur.
18• Quelles sont les
possibilités de modification du choix de placement ou de transfert
d'un plan d'épargne à un autre ?
La loi du 19 février 2001 ouvre aux bénéficiaires de
l’épargne salariale de plus larges facilités pour transférer
leurs avoirs d’un support à un autre sans être pénalisés
sur le plan fiscal ou social.
Au sein d'un même plan, le règlement prévoit les conditions
dans lesquelles le salarié peut modifier, même au cours de la
période de blocage, son choix de placement.
Toutefois, en cas d'abondement majoré du fait d'un investissement en
titres de l'entreprise (voir question 9) le choix de placement ne peut être
modifié durant la période de blocage.
La loi a prévu un certain nombre de cas dans lesquels les sommes peuvent
être transférées d'un plan à un autre.
- Pendant la période de blocage, le transfert de tout ou partie des
sommes affectées à un PEE (ou PEI) vers un PPESV peut s’effectuer
à l’initiative du salarié, à tout moment pour un
PPESV à terme glissant, au moins 5 ans avant le terme pour un PPESV
à terme fixe. Les sommes sont ensuite bloquées pour au moins
10 ans. Le transfert ne donne pas lieu à un abondement de l’entreprise.
À l'issue de la période de blocage les sommes peuvent également
être transférées sur un PPESV, dans ce cas un abondement
de l'employeur est possible.
- Les sommes placées sur un PEI peuvent être transférées
vers un autre PEI ou un PEE auquel le salarié a accès.
Dans ces deux cas, le plafond de 25 % de la rémunération annuelle
ne s'applique pas et le transfert ne donne lieu à aucun prélèvement
fiscal ni social.
Nouveau. De plus, la loi du 19 février 2001 organise de nouvelles possibilités
d’affectation de l’épargne salariale au compte épargne
temps (CET). Celui-ci peut désormais recevoir les droits à participation
et les avoirs des salariés placés en plan d’épargne
(PEE, PEI, PPESV) à l’issue de leur délai d’indisponibilité.
19• Comment
le bénéficiaire est-il tenu informé de l’état
de ses avoirs ?
L’entreprise doit tenir (ou faire tenir sous sa responsabilité)
un registre des avoirs des bénéficiaires de l’épargne
salariale. Un relevé individuel leur est adressé au moins une
fois par an. Lorsque l’adhérent modifie l’affectation de
son épargne, il reçoit un avis lui confirmant l’opération.
La loi du 19 février 2001 a créé le livret d’épargne
salariale dans lequel le salarié insère l’état
récapitulatif de l'ensemble de ses avoirs qui lui est remis lorsqu'il
quitte une entreprise.
Source : ministère des finances.
Mots-clé : EIRL, EURL, SARL, SAS, SCI.
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